L’Incarnation, plénitude de la Création

Anton ŠTRUKELJ
Le mystère de l'Incarnation - n°166 Mars - Avril 2003 - Page n° 53

L'Incarnation révèle le sens de la Création toute entière : être habitée par Dieu pour être pleinement réconciliée avec Lui. Création et rédemption doivent être comprises en complète solidarité l'une avec l'autre. L'humanité du Christ « sacrement » universel, ressaisit en Lui toutes les réalités terrestres dans leur destination véritable : construire un « temple spirituel » à la gloire de Dieu.

On dit de l’homme qu’il est le couronnement de la Création. Mais si Dieu devient chair en son Fils éternel Jésus-Christ, alors l’Incarnation est la plénitude de la Création. Le titre original de cet exposé s’en trouve justifié : Verbum caro factum – pleroma creationis.

L’hymne de la lettre aux Colossiens revêt pour notre thème une signification centrale : le Christ « est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création, parce qu’en lui ont été créées toutes choses dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, Trônes et Seigneuries, Puissances et Pouvoirs ; toutes choses ont été créées par lui et pour lui. Il est avant toute création et tout a en lui sa consistance. Il est la tête du Corps, et le Corps c’est l’Église. Il est le principe, le premier-né d’entre les morts, aussi a-t-il en tout le premier rang. Car Dieu voulait habiter en lui avec toute sa plénitude pour tout réconcilier par lui. Il voulait tout conduire au Christ, de ce qui est au ciel comme sur la terre, lui qui a fondé la paix sur la croix par son sang » (Colossiens 1,15-20).

On voit qu’il est question ici non seulement de la « création dans le Christ » mais aussi de la « rédemption dans le Christ ». Ces deux aspects appartiennent bien sûr, de manière inséparable, au mystère englobant du décret divin (eudokia : Éphésiens 1,5) car l’incarnation du Christ est ordonnée à l’oeuvre de salut. Hans Urs von Balthasar fait à ce sujet la remarque suivante : « Il n’y a sans doute aucune position théologique qui fasse autant l’unanimité de l’Orient et de l’Occident que celle d’après laquelle l’incarnation s’est réalisée en vue de la rédemption de l’humanité ». Il cite alors la confirmation convaincante de la Tradition 1. Balthasar dit souvent, de manière très juste, que « Jésus-Christ, la Parole devenue homme » comporte trois syllabes : incarnation, mort sur la croix et résurrection. On ne peut comprendre le sens entier du mot que lorsque l’on a prononcé aussi la dernière syllabe. C’est pourquoi il ne faut pas s’étonner  d’entendre les Pères de l’Église dire de manière unanime que le Christ est né pour pouvoir mourir. [...]

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