Musique liturgique et tradition populaire

László DOBSZAY
Musique et Liturgie - n°150 Juillet - Aout 2000 - Page n° 51

Après Vatican II, les évêques hongrois ont voulu créer un nouveau répertoire liturgique emprunté à la « tradition populaire », inspiré en réalité de l'héritage baroque de l'Europe Centrale. Fausse réforme qui pose la question de l'impact de la musique populaire sur la musique liturgique. L'auteur y répond dans une enquête historique relayée par une analyse des adaptations contemporaines.

L’évangélisation byzantine entraîna des créations dans des langues nouvelles, d’une façon qui ne tenait aucun compte des différences prosodiques. La même mélodie liturgique fut utilisée dans des langues différentes. Le mouvement hussite ou la réforme de Luther auraient pu procéder de la même manière, mais un autre chemin a été préféré, celui de la création de nouvelles pièces, avec de nouvelles paroles. Les deux solutions représentent des étapes culturelles différentes : la liturgie byzantine est une prose artistique dans un langage musical adapté, tandis que l’importance des paroles chantées prend le pas, dans la tradition protestante, sur la musique (malgré le choix de la scriptura sola, les textes s’éloignent curieusement de la tradition liturgique et scripturaire !).

La tradition byzantine intègre le chant liturgique dans l’action liturgique ; en Occident, à la fin du Moyen Âge, l’importance de la piété personnelle conduit à s’attacher au texte des oraisons. Il s’agit là d’une révolution anthropologique et liturgique. Dans la tradition orientale, le chant n’est pas fait pour remplir les vides de l’action liturgique, le dialogue n’est pas un dialogue entre le prêtre et le peuple : c’est l’intervention de Dieu même dans la vie des hommes, c’est la réponse des hommes à la parole même de Dieu, qui se fait le plus adéquatement sous la forme chantée. Saint Benoît avait trouvé la bonne formule : mens concordat voci, «l’esprit ne fait qu’un avec la voix ». La nouvelle approche pourrait être résumée par la formule inverse, vox concordat menti, « la voix ne fait qu’un avec l’esprit », autrement dit : nous chantons ce que nous sentons. [...]

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